Projets

Encré d’ombre et de lumière

Créé par

Publié le

7 janvier 2019

Modifié le

13 janvier 2019

Dessin / IllustrationNiveau difficileCréation individuelle

«Encré d’ombre et de lumière» est un court-métrage d’animation 2D réalisé entre septembre 2018 et janvier 2019.

La vie est un concept auquel l’être humain devra, tôt ou tard, être confronté, avant d’embrasser les lèvres de la Faucheuse. À travers ce projet, j’ai voulu exprimer ma vision de ma vie et du deuil en tant qu’artiste en me basant sur ma propre expérience.

J’expliquerai et analyserai dans les lignes qui suivent le symbolisme et le véritable message derrière ce projet sur ma vie. Avant de lire la suite de la description du projet, je vous conseille de regarder l’animation une première fois au complet.

 

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La vie est un épanouissement.

Tout individu cherche à s’épanouir d’une quelconque manière au sein de sa vie. L’épanouissement mène à un stade d’accomplissement de soi, l’atteinte de son plein potentiel, un rêve atteint. Or, pour parvenir à ce stade, il faut d’abord s’épanouir, apprendre de nos erreurs, contrôler nos émotions. Il n’existe point de recette toute faite pour grandir; il s’agit d’un processus en constante évolution. Pour évoluer, il faut très souvent faire face à une forme de souffrance, que ce soit le deuil, la perte de notre enfance, les sacrifices ou les choix difficiles que nous devons faire au cours de notre existence.

Personne ne passe exactement à travers les mêmes situations, mais il n’en reste pas moins que tout individu doit, tôt ou tard, sortir de l’œuf et voler de ses propres ailes. À travers ce dépassement de soi se dessine chez l’individu une compréhension du monde qui l’entoure.

 

La vie est une vision du monde.

La compréhension du monde selon l’être humain demeurera toujours subjective, car celui-ci voit à travers un œil non omniscient, un œil de mortel, un œil humain. La vision du monde de l’individu est surtout basée sur les expériences et enrichissements qu’il a pu tirer depuis son épanouissement. Notre entourage, l’école que nous fréquentons, notre travail, nos lectures et nos passions sont des portes nous ouvrant la voie sur d’autres manières d’aborder la vie. À travers ces perspectives, l’individu se cherche avant de dessiner le portrait de sa vision de cet univers.

Puisque chaque vie est unique, nous pouvons considérer que chaque individu a sa propre perspective quant à la vie.

 

L’art est la vie.

Pour mieux comprendre et appréhender le monde, l’artiste crée. Il conçoit moult œuvres pouvant exprimer sa vision de cet univers et insuffle vie et émotions à son art. Or, pour créer, l’artiste doit d’abord comprendre le monde qui l’entoure. Il s’agit là d’une boucle permettant d’éclairer l’étroit lien entre l’artiste et son œuvre. L’art peut être considéré comme une fenêtre sur l’univers de l’artiste, sa vision du monde, voire de sa propre vie. Comme une sorte d’échappatoire, de recueillement, l’art permet à l’artiste de reconquérir une liberté qui lui file souvent entre les doigts de par son statut de mortel. L’art permet, d’une certaine manière, de se rapprocher du statut d’un créateur d’œuvres parfois immortelles. La vie est l’art, l’art est la vie.

En résumé, la vie est selon moi le fruit d’un épanouissement unique, basé sur nos expériences, qui donnera naissance à notre compréhension du monde. C’est cet épanouissement qui donne ce caractère intrinsèque à chaque vie sur terre. L’artiste, à travers cette perspective, se sert de ses œuvres comme autant de fenêtres sur sa vie et sa vision de l’univers.

 

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L’animation – Analyse plan par plan

 

Vous pouvez voir une miniature de chacune des scènes de l’animation, suivie de son explication. J’ai choisi d’insérer un lien au début de chaque segment explicatif. En cliquant dessus, vous pourrez accéder à l’image en lien avec le texte qui lui correspond et ce, dans une plus grande résolution.

 

item image #2

 

La première illustration représente la fontaine de la vie.

Au bas de la fontaine se trouve un personnage ailé, une plume à la main, entouré d’éléments tels que l’eau, l’air, la terre et le feu. Lorsqu’on monte un peu plus haut, on aperçoit un serpent et un corbeau, puis un personnage en chute libre. Notez que ce dernier ne possède qu’une seule aile et qu’un seul de ses yeux est visible. Il tend la main, semble tomber dans un gouffre, même s’il paraît délibérément enchaîné à de minces chaînes. La colonne du dessus est couverte de yeux. Le personnage tout en haut est dépourvu d’aile, ses yeux sont voilés dans l’obscurité. Entre ses mains s’écoulent les chaînes emprisonnant le personnage du dessous. Tout en haut du dessin se trouve un crâne stylisé, entouré d’une faux, de laquelle s’écoule une eau écarlate.

Les lignes suivantes décortiqueront le symbolisme des éléments décrits ci-haut.

Tout en bas de la fontaine, c’est l’abondance de la vie qui règne, illustrée par les quatre éléments de la nature (feu, eau, terre et air). L’individu est en parfaite cohésion avec l’univers qui l’entoure. À la fois créateur et analyseur, il exprime la notion de l’art et de la compréhension du monde. Pour mieux comprendre le monde, il faut créer. Pour mieux créer, il faut comprendre le monde. Ses yeux sont très clairs, comme s’ils étaient animés par la flamme de la vie et de la création. Deux ailes poussent dans son dos, synonymes de liberté, une liberté que l’individu retrouve à travers l’art.

Le personnage au milieu de la fontaine semble en chute libre. Il regarde la Mort dans les yeux, semble l’implorer de le libérer de sa souffrance ou bien de l’épargner. Il n’a qu’une seule aile; un oiseau presque privé de sa liberté. L’individu, s’étant épanoui, prend conscience de sa position de mortel. Le serpent enroulant le corbeau représente la mort s’emparant de la liberté de l’artiste, enchaîné à celle-ci.

Tout en haut se trouve la dernière figure sculptée dans la fontaine, les chaînes à la main. Elle n’a aucune aile, ses yeux sont bandés, comme si le personnage devait faire face à la Mort, déjà aveugle à la vie, mais tentait encore d’y échapper.

La Mort, représentée par le crâne, trône au haut de l’image, telle une épée de Damoclès. De la faux s’écoule du sang. Le sang, souvent apparenté à la violence, est en revanche utilisé ici comme symbole de vie et d’abondance. Il s’écoule depuis la mort, un liquide empli de vie offrant un contraste avec la roche inerte dans laquelle est sculptée la fontaine. Le sang, symbole de vie, en plus d’offrir un contraste entre rocher et liquide dans la composition, va à l’encontre de la Mort. Le personnage du bas s’habille de couleurs plus chaudes, comme si l’Art qu’il construisait s’opposait lui aussi à la Mort. Aucune chaîne n’entrave ses mains, ses deux ailes se déploient vers la liberté offerte par son statut d’artiste.

L’image résume, en quelque sorte, les grandes lignes du message de l’animation. Le personnage du bas est apparenté à la compréhension du monde, celui au centre est lié à l’épanouissement (davantage du côté sacrificiel de celui-ci) et le dernier illustre la Mort, à laquelle s’oppose la Vie, l’Art. Cette image montre, d’une certaine manière, ma crainte de la Mort, ma vision de la Vie et le rôle de l’Art dans celle-ci. Le personnage du bas me représente également.

 

item image #3

 

La première séquence animée me représente en train de danser dans un studio de danse. Plus jeune, le ballet était une de mes passions les plus importantes. Les quatre fenêtres symbolisent les quatre membres de ma famille: mon père, ma mère, ma sœur et moi-même. Cette scène montre à la fois une de mes passions et une partie de mon enfance.

Le personnage est en blanc afin d’offrir un meilleur contraste avec l’arrière-plan sombre. Ce choix permet également de mettre davantage de l’avant le mouvement du grand jeté.

 

item image #4

 

Ici, la séquence me représente alors que j’exécute mal un mouvement. Le personnage tombe, se renfrogne sur lui-même, pleure, jusqu’à ce qu’un détail attire son attention. C’est alors que toute la scène s’illumine.

Cette scène permet d’illustrer ma peur de l’échec. Lorsque j’étais plus jeune, je craignais de faire des erreurs. Avec le temps, j’ai appris à les apprivoiser et les considérer comme un enrichissement me permettant de devenir une meilleure personne.

 

item image #5

 

Dans ce plan, une main de lumière se tend vers moi. Notez le contraste entre les tons froids de bleu du personnage et les teintes orangées près de la main. Ceci permet de mettre en lumière la chaleur maternelle réconfortant et encourageant l’enfant.

 

item image #6

 

En continuité avec le plan précédent, cette scène est baignée d’une atmosphère chaleureuse. La présence maternelle vient y ajouter chaleur et lumière. On me voit tendre la main vers celle-ci.

 

item image #7

 

Alors que les deux mains tentent de se rejoindre, la main maternelle disparaît se dissipe dans les ténèbres. Cette scène représente la séparation, la rupture de mon enfance. La lumière maternelle s’est éteinte.

Ma mère est décédée. J’avais 14 ans.

 

item image #8

 

Le monde s’assombrit alors, l’atmosphère se fait plus lourde. Je me suis représenté la main tendue dans un geste de désespoir. Mon expression faciale est choquée, des larmes naissent. Je suis confronté à la Mort et je la vois emporter ma Mère.

 

item image #9

Cette scène de transition montre une de mes mains déposer une fleur blanche, symbole de la Mort en Asie.

 

item image #10

 

Il s’agit de la scène de la Mort. Le lit d’hôpital est vide. Ne restent que trois individus : ma famille déchirée par le deuil.

 

item image #11

 

J’ai dessiné ma chambre. Elle demeure dans la même atmosphère que la scène de la Mort à l’hôpital, car le deuil demeure, à ce moment-là, omniprésent dans mon esprit et dans mon coeur. Le monde est froid, dépourvu de chaleur maternelle. Les affiches sombres représentent mes tourments intérieurs.

 

item image #12

 

Illustration de sentiments du deuil. Tristesse, désespoir, colère, rage, solitude et agonie se mêlent et s’entredéchirent en moi. À travers le miroir, la scène de la Mort est reflétée.

 

item image #13

 

Une faible larme, provenant des pleurs de l’illustration précédente, s’écoule sur une fleur desséchée symbolisant la vie maternelle disparue.

 

item image #14

 

La larme donne naissance à un des désirs de mon inconscient; retrouver ma mère, la revoir une dernière fois.

 

item image #15

 

Cette illustration résume toutes les émotions à travers lesquelles je suis passé. Tout en haut se trouve l’enfant dépourvu de sa mère, seul. Le personnage juste en-dessous est enchaîné à un cœur lourd de regrets, ses yeux sont dissimulés dans les ténèbres. Les deux autres individus me représentant sont plus stylisés. Le premier a les yeux et la bouche bandés, comme s’il tentait tant bien que mal de dissimuler ses émotions. Il essaie de contenir la tourmente qui hurle en lui, ce qui résulte en un échec, illustré par l’autre «moi». Un «moi» hurlant, le regard fou, perdu dans la souffrance. Le dernier «moi» est la personnification de la résilience face au deuil.

 

item image #16

 

Le personnage, qui me représente ici, est entouré de feuilles translucides symbolisant mes dessins (celles-ci sont visibles dans l’animation). Les deux mains blanchâtres soulignent la présence maternelle qui n’est maintenant rien de plus qu’un écho, un souvenir. La fenêtre illustre ma vision du monde, à ce moment-là, grisâtre et sombre.

 

item image #17

 

Je me recueille à la bibliothèque municipale, un lieu que ma mère aimait beaucoup. La fenêtre sur le monde est encore présente. Elle reflète l’ouverture sur le monde que les livres nous offrent et aussi sur l’acceptation du deuil de ma mère.

 

item image #18

 

Ma main effleure les couvertures de plusieurs bouquins. Le mouvement est vif, puis ralentit, avant de repartir de plus belle, ceci afin de rendre la scène plus dynamique. Les livres de gauche, entourés par la lumière, représentent mes lectures d’enfance, tandis que ceux dans l’obscurité illustrent plutôt des romans que j’ai récemment lus, comme «Demian» de Hermann Hesse.

 

item image #19

 

Cette séquence d’animation évoque l’ouverture de l’artiste au monde. Après avoir surmonté son deuil, le personnage me représentant n’est plus recroquevillé. Au contraire, il s’élance vers la lumière. Les milliers de cadres représentent à la fois ses différentes visions du monde et son désir artistique de «sortir du cadre», de se démarquer, de reconquérir sa liberté à travers l’art.

 

item image #20

 

Cette illustration est la continuité de la séquence précédente. Le personnage est entouré de cadres transparents ne l’empêchant cependant pas d’exprimer sa liberté.

Les prochaines scènes représentent des cadres personnels ouvrant sur ma compréhension du monde.

 

item image #21

 

Il s’agit de la cafétéria de mon école. On y voit mes amis et moi assis à une table ronde, baignés dans la lumière.

 

item image #22

 

Les portraits de mes proches (amis et famille) défilent. Je les ai dessinés de mémoire et j’ai choisi des couleurs les représentant.

Remarquez les couleurs plus chatoyantes des portraits de mon entourage. La lumière et l’espoir dans la vie peuvent également provenir du soutien de nos proches qui sont là pour nous aider même lors des moments les plus difficiles.

 

item image #23

 

Cette séquence représente les différentes visions du monde de mes proches. On dit souvent que l’œil est une fenêtre sur l’âme d’une personne. En dessinant chacun des yeux, je me suis basé sur la personnalité et la façon de voir la vie de chacun de mes proches. Certains sont très optimistes, d’autres sont réalistes et d’autres sont plutôt sombres, mais voient une part de lumière dans la vie malgré tout. La clarté émanant au centre unit ce défilé de regards.

 

item image #24

 

On me voit seul dans une classe. Pour moi, l’école représente une fenêtre sur le monde, une occasion d’aborder ce dernier de plusieurs autres façons. L’école, malgré ses règlements, offre une forme de liberté octroyée par la connaissance académique qu’elle nous apporte et le questionnement qu’elle nous propose face au monde qui nous entoure.

 

item image #25

 

C’est mon bureau de travail! Sur l’écran d’ordinateur, on voit défiler quelques projets que j’ai réalisés, notamment des modélisations 3D réalisées sur Blender et des illustrations numériques.

On peut aussi y remarquer des fans arts que j’ai réalisés de séries de jeux vidéo ou de groupes de musique m’inspirant beaucoup dans mes travaux artistiques.

Voici la liste des différents sujets illustrés :

  • Un Mr. Saturn, personnage du jeu vidéo «Earthbound»
  • N, un des membres du groupe de musique VIXX (dessin réalisé sur Krita)
  • Hyuk, un autre membre du groupe de musique VIXX (dessin réalisé sur Krita)
  • Une orange que j’ai modélisée sur Blender
  • Un jeu d’échecs que j’ai également modélisé sur Blender
  • Un oiseau réalisé à partir de particules sur Blender
  • Un arbre que j’ai créé sur Blender
  • Une chandelle que j’ai conçue avec Blender
  • Le chanteur Changmin du groupe de musique TVXQ (dessin réalisé sur Krita)
  • Jaejoong, un des membres du groupe de musique JYJ (dessin réalisé sur Krita)

 

item image #36

 

 À la lumière de l’épanouissement et de l’enrichissement de ma compréhension du monde, ma vision de la vie est illustrée à travers ce dessin. L’œil qui y est figuré est fragmenté. Né dans les ténèbres, il recherche désormais la lumière. Il voit différentes perspectives enrichissantes s’ouvrir à lui.

 

item image #37

 

Cette image sert de transition entre la compréhension du monde et la création. Il s’agit d’un de mes personnages originaux (que vous reconnaîtrez probablement si vous suivez mes tutoriels ou ma chaîne YouTube). L’artiste, à travers ses créations, met toujours un peu de lui et de sa vie.

 

item image #38

 

Après avoir pris en main mon crayon, je canalise toute mon énergie et mes émotions à travers mes dessins. Les ténèbres se dissipent peu à peu pour faire place à la lumière de la création artistique.

 

item image #39item image #40item image #41

 

À travers ces dessins, vous pouvez voir un paysage chinois, représentant mon pays d’origine, et une ville illustrant l’endroit dans lequel je vis désormais. La vie est un voyage, une aventure ne cessant de me donner de l’inspiration dans mes travaux de création.

 

item image #42

 

À l’arrière plan de cet autoportrait on voit les séquences de cette animation. Le visage d’un individu est une fenêtre sur son cheminement, sa vie. Ce dessin est également le seul m’illustrant avec mes lunettes. Au cours de ce projet, j’ai choisi de retirer ces lunettes, symbolisant le «masque» que l’on incarne tous, et d’être sincère à travers mes propos et mon art.

 

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Analyse plus globale du projet

Le choix d’un court-métrage d’animation pour ce projet n’est pas anodin. En effet, comme la thématique centrale du projet est la vie, l’animation était le médium se prêtant le mieux pour insuffler vie à des illustrations.

L’animation débute entre ombre et lumière, une clarté représentée par la figure maternelle, importante facette de l’enfance. Lorsqu’elle s’éteint, ce sont les ténèbres qui envahissent la scène, jusqu’à ce que l’obscurité soit vaincue par l’art (illustré notamment par la littérature et le dessin) et d’autres sources de lumière, telles que les proches, la connaissance du monde ou la création. À la fin de l’animation, on retrouve un équilibre entre art et ténèbres.

Ma vie est encrée d’ombre et de lumière, facettes représentées par les divers plans de l’animation basculant entre ces deux tons. Nous pourrions aller plus loin et dire que nous sommes ancrés entre l’ombre et la lumière. Il n’existe point de situation entièrement positive ou entièrement négative dans cette vie. C’est notre perception de celle-ci, basée sur notre expérience et notre compréhension du monde, qui donnera la couleur à notre univers. Nous rencontrons tous des difficultés dans notre vie, mais c’est à nous de décider si on les combattra ou si on abandonnera la partie. La vie de chaque individu est comme une architecture dont il est entièrement responsable; à lui de décider s’il désire ériger une tour s’élevant jusqu’au ciel ou s’il creusera dans des mines de larmes. Ma vie est encrée d’ombre et de lumière, elle est ancrée dans l’ombre et la lumière.

 

Processus de création

Ce projet est le fruit d’un travail s’étant échelonné sur plus de 150 heures. Voici le résumé de la démarche de conception de celui-ci.

 

Recherche et analyse :

Dès le début du projet, je savais que je voulais aborder les thématiques du deuil et de l’art. Ce sont des sujets m’ayant particulièrement touché ces dernières années. Je tenais dès lors à les traiter de la manière la plus honnête et sincère possible.

J’ai également réfléchi quant au sens que la vie m’évoquait. Je n’ai que 16 ans, alors je juge que je suis encore jeune pour comprendre toutes les facettes de ce concept. Néanmoins, j’ai puisé dans ma propre expérience afin d’en tirer des enrichissements et des conclusions me permettant de construire ma propre réponse.

Au cours du mois d’octobre, avec le défi de l’Inktober, j’ai cherché à développer un style plus sobre se rapprochant de mes goûts personnels et de ma vision de la vie. C’était d’abord un style plus expérimental, basé sur l’utilisation de hachures contribuant à la création d’une atmosphère particulière, mais c’est après plusieurs essais que j’en suis arrivé à l’orientation artistique choisie pour cette animation.

Entre temps, j’ai également expérimenté différentes mélodies au piano afin de m’inspirer en ce qui attrait à l’ambiance générale de mon animation. Cela me permettait également de commencer à trouver des idées de compositions qui accompagneraient la vidéo.

 

Développement des idées :

J’ai pensé qu’un court-métrage d’animation serait adapté pour ce projet, car l’animation est probablement l’un des médiums les plus adéquats lorsque vient le temps d’insuffler vie à des images. Il s’agit d’un format dynamique permettant plusieurs possibilités, mais toutefois assez demandant en temps. J’ai donc choisi ce médium en gardant en tête que je devais respecter les échéances tout en illustrant et animant des scènes de qualité élevée et constante. L’un des principaux critères de mon cahier de charges personnel était d’ailleurs que le visionnement de l’animation devait garder une bonne courbe d’intérêt. Des images évocatrices et bien peaufinées étaient donc essentielles.

Ainsi, lorsque j’ai fait le plan et le story-board de l’animation, j’ai veillé à ce que chaque scène soit utile et permette d’explorer une facette de ma vie contribuant à renforcer le message véhiculé. J’ai également supprimé plusieurs plans que je jugeais moins importants et j’ai veillé à ce qu’il y ait un équilibre entre le nombre de séquences animées, beaucoup plus exigeantes en terme de temps, et celles en défilement, plus adéquates pour dévoiler un dessin dans tous ses détails.

Le plan a également été divisé selon les principales thématiques et sous-thèmes du court-métrage. Cela m’a permis de mieux structurer mon message et d’optimiser mon organisation pour ce projet.

 

Création :

Toutes les illustrations ont été réalisées numériquement avec ma tablette Wacom Intuos Pro et le logiciel Krita. Je commençais par réaliser une esquisse de l’illustration, puis je l’encrais en utilisant une brosse se rapprochant de la texture du fusain. L’encrage consistait surtout en une succession de hachures permettant de donner du relief et du mouvement à des images fixes. La couleur était ensuite ajoutée selon une méthode inspirée de l’aquarelle. Plusieurs illustrations ont donc un rendu donnant l’illusion qu’elles sont baignées d’encre, entre ombre et lumière.

Les séquences animées ont été d’abord dessinées sur le logiciel Krita, puis le rendu a été réalisé sur Blender. Pour m’entraîner en animation, j’ai d’abord fait des exercices classiques dans ce domaine, dont celui de la balle qui rebondit. Pour chaque séquence, un croquis préliminaire de chaque frame (plan) était réalisé avant de passer à l’encrage et à la réalisation des arrière-plans. Au cours de cette étape, j’ai trouvé que l’utilisation de hachures était plutôt désavantageuse, étant donné que le mouvement était beaucoup moins lisible. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai préféré opter pour un rendu jouant avec des silhouettes blanches pour certaines des animations.  De cette façon, le mouvement et le dynamisme se trouveraient mis en valeur. Une fois toutes les séquences animées terminées, j’enregistrais toutes les images en format .png puis je les importais sur Blender. À l’aide de l’éditeur vidéo intégré dans ce logiciel, j’ai pu lier les images entre elles et déterminer le frame rate le plus approprié.

Blender a d’ailleurs été utilisé pour l’arrière-plan de la scène des cadres ainsi que pour celle concernant la classe d’école. La modélisation des cadres s’est faite à partir de faces planes sous le «modifier» miroir. J’extrudais ensuite la forme afin de lui donner du relief; ainsi, ce n’était pas une sorte de feuille de papier. Les modèles étaient en low-poly vu le nombre de particules que j’allais employer. Pour l’effet de particules avec les cadres, j’ai utilisé une simulation de fumée (smoke simulation) avec des particules en animation. Pour ce qui est de la classe d’école, j’ai simplement modélisé des chaises et des bureaux, puis je les ai alignés de manière à créer une scène de classe. L’image a ensuite été modifiée sur le logiciel Krita afin qu’elle s’intègre mieux au reste du projet.

Le montage vidéo, quant à lui, a été réalisé sur Adobe Premiere.

J’ai entièrement composé la musique moi-même. La mélodie principale a d’abord été créée en utilisant mon clavier électronique personnel (un Casio Ctk2550). Comme mon clavier ne pouvait pas se brancher à mon ordinateur, j’ai dû refaire la mélodie sur le logiciel Soundation. Les instruments utilisés sont un piano (Yamaha Grand Piano) et un violon. La musique n’était pas le point central de cette animation, elle servait surtout à supporter le thème. Je ne suis pas un professionnel en musique, mais je jugeais qu’il était préférable que je la compose. Je tenais à réaliser l’entièreté de ce projet par moi-même.

Une des difficultés rencontrées a été le fait que la plupart de mes logiciels souffraient à plusieurs reprises de bugs, notamment pour Krita au cours de la réalisation des séquences animées. Comme c’était l’une des premières fois que j’animais avec ce logiciel, j’ai dû apprendre son fonctionnement pour l’animation, ce qui a demandé une période d’adaptation. J’ai aussi appris à faire le rendu d’animations à l’aide d’une meilleure méthode sur le logiciel Blender. Il est en effet préférable d’enregistrer une animation sous forme d’images avant de la transformer en format vidéo, étant donné que c’est plus sécuritaire et évite de corrompre les fichiers. Ce sont des apprentissages qui me serviront fort probablement lors de futurs projets.

Même si le médium choisi est une vidéo (plus précisément, une animation), ce sont surtout les éléments visuels qui sont mis en emphase. C’est pour cette raison que j’ai préféré placer ce projet dans la catégorie «Dessin/Illustration».

 

Retour sur le projet :

C’est un projet que j’ai beaucoup apprécié réaliser. Je pense qu’il a été bénéfique pour moi, que ce soit du point de vue artistique ou personnel. Il m’a permis de développer un style artistique plus expérimental et correspondant davantage à mes goûts personnels tout en m’offrant une occasion de m’essayer de nouveau à l’animation. Je pense également que ce travail m’a permis de réfléchir sur moi-même, de me remettre en question et de mieux définir mon identité et ma vision du monde. Je pense avoir beaucoup appris et grandi à travers ce cheminement.

Je terminerai sur une citation d’un artiste m’inspirant beaucoup :

 

item image #43

 

«Peu importe les difficultés de la vie, tu es ta propre architecture. Si tu abandonnes, alors il n’y a personne qui peut d’aider, mais si tu veux continuer de construire ton futur, alors personne ne peut t’arrêter.» – Kim Jaejoong, chanteur du groupe JYJ

Commentaires

2 commentaires pour “Encré d’ombre et de lumière”

  1. Je suis BOUCHE-BÉE ! Ce projet est génial et j’adore la poésie derrière! Juste bravo.

    Par contre la musique j’aime pas trop, mais bon histoire de goût

  2. @Zéphyr Bielinski

    Merci beaucoup! 🙂
    La musique n’était pas le point central de cette animation, elle servait surtout à supporter le thème. Je ne suis pas un professionnel en musique, mais je jugeais qu’il était préférable que je la compose. Je tenais à réaliser l’entièreté de ce projet par moi-même.

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