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La Résonance

Créé par

Publié le

26 mai 2019

Modifié le

3 juin 2019

AutreNiveau difficileCréation individuelle

«La Résonance» est un site web représentant une capsule temporelle envoyée depuis le futur par un individu nommé V. Il y partage ses carnets, ses illustrations, ainsi qu’un court métrage portant sur sa vision de sa société, la résonance d’un futur basé sur la raison, la réalité.

Vous pouvez trouver le site ici.

Le site web est disponible sur ordinateur et sur mobile. Je vous recommande la version sur ordinateur, plus optimisée, pour une expérience plus complète.

Les carnets dénoncent les aspects de la société de V tandis que sa galerie nous immerge dans son « futur antérieur », sa vision de sa vie. Le court métrage d’animation HUMAN.0105 dépeint quant à lui notre perception du futur et les actions que nous entreprenons pour l’écrire à notre façon. L’ensemble du projet comporte un message à la fois artistique, personnel et philosophique. Plusieurs interprétations sont possibles; n’hésitez pas à me faire part de la vôtre dans les commentaires.

Je vous partage dans les lignes qui suivent ma vision de ce projet. Je vous invite à la lire après avoir visité l’ensemble du site Internet.

 

Analyse – L’Art

L’art permet à la fois d’échapper à la réalité et d’affronter cette dernière. Tout dépend de ce que l’on en fait. À travers ce projet, ce n’est ni une utopie, ni une dystopie que l’on dépeint. Il s’agit d’un futur incarnant des problématiques déjà ancrées dans notre société. Nous avons souvent tendance à imaginer à travers la littérature, le cinéma, les jeux vidéo, la musique, etc. des scénarios tantôt farfelus, tantôt pessimistes ou optimistes face à notre avenir

Or, ici, l’art n’est pas utilisé uniquement comme outil d’imagination pour poser les bases d’un univers futuriste à l’image des idées de son auteur. Le site web dans son entièreté illustre l’art, non seulement comme le fruit d’émotions ou de créativité, mais comme vecteur de messages éthiques. Dans le monde de V., les autorités tentent de tout contrôler, l’identité, la vie, voire la mort d’un individu : dans cette société, l’art est la dernière échappatoire à ce système. V. se sert de cette création pour réclamer sa liberté d’expression, sa liberté d’être, sa liberté d’écrire son propre avenir. Dans le futur, l’art changera le monde. Il exprimera des idées, dénoncera, se rebellera contre l’autorité, libérera, d’une certaine manière, la société. L’art sera à la fois messager de l’ombre et porte-parole du public, comme le bras justicier d’une démocratie ayant atteint ses limites. L’art sera la résonance de l’Humanité.

 

Analyse – Galerie: Futur antérieur

Ces images dépeignent à la fois des aspects de la société du futur et de la vie de V. Elles sont en revanche davantage focalisées sur l’évolution de l’artiste. Les tonalités commencent dans des teintes de rouge, se poursuivent dans des nuances de noir avant de parvenir à une harmonie entre elles.

La compréhension des illustrations dans son ensemble nous amène à voir la réalité d’un autre angle : l’innovation, issue de la créativité et de l’imagination, est une clef importante pour créer un meilleur avenir. La difficulté dans la réalisation de ces illustrations n’est pas tant la technique, mais surtout l’idée, le message à transmettre de la manière la plus optimisée. Les citations et les titres accompagnant les dessins n’ont pas pour but de les expliquer, mais de servir de pistes pour le spectateur afin qu’il puisse se faire sa propre interprétation de leur signification.

 

Le rouge et le noir

 

« Le Rouge et le Noir » pose les bases du concept de cette galerie. À travers cette image se mêlent le passé (à gauche), le présent (au centre) et le futur (à droite). Si dans la société du passé, les individus expriment leurs émotions, dans la civilisation de V., ils se dissimulent plutôt dans l’ombre. Cette composition réfère par ailleurs à la propre vision du temps et de la vie de V. Au cours de notre enfance, nous découvrons le monde, nous exprimons nos émotions de manière authentique. Or, lorsqu’on arrive à l’âge adulte, nous sommes souvent contraints de porter un masque dissimulant nos émotions. Nous prenons conscience des problématiques de la société, désormais plus sombre à nos yeux. Nous tentons de nous conformer aux règles, aux normes, parfois au détriment de notre véritable identité. Face à la crainte de l’inconnu et aux remords d’un passé abandonné, l’individu ne savoure plus l’instant présent. Ses pensées se déploient tantôt vers la nostalgie du passé, tantôt vers un avenir brumeux. Si V. désire accéder au bonheur, se libérer du stress, il faut qu’il apprenne à s’arrêter et à pleinement apprécier le moment présent. Il faut qu’il regagne son cœur d’enfant.

 

La Métamorphose

 

La main de l’autorité lance des dés truqués exerçant ainsi son pouvoir de vie et de mort sur l’individu. Le visage de ce dernier est couvert de mots façonnant la métamorphose de son identité (référence aux modifications génétiques, qui seront de plus en plus fréquentes, voire banalisées, à travers le futur). Son visage demeure aveugle à la réalité ; l’individu se contente et se complaît de son confort factice. La ville depuis laquelle il s’élève est en ruines. Des chaînes en code binaire sont suspendues : tout est programmé, calculé et soigneusement manigancé par l’autorité de ce futur. Face à cette situation, V., doit déterminer s’il désire se conformer ou non à cette réalité.

 

Le dernier homme

 

L’artiste est enchaîné au regard de la société, de l’autorité et même du sien. Une froide conscience se crée depuis ces regards. L’artiste est obnubilé par le jugement omniprésent qui exerce une influence sur sa manière d’appréhender le futur et ses œuvres. Le style artistique de cette œuvre est inspiré des travaux de Van Gogh (l’arrière-plan étant constitué de touches furtives en mouvement) et d’Escher (en ce qui a trait aux yeux se transformant en poissons et en oiseaux). La composition représente un cœur. L’artiste tente de s’exprimer, de déployer ses ailes, d’accéder à la vérité et à la liberté, mais les chaînes de l’omniprésence des regards, dénudés d’émotions, constituant une froide conscience, l’en empêche. Les individus tout en haut saluent la froide conscience, représentée par la corde dotée d’un œil unique (située en-haut de l’image), à la fois leur bourreau et leur libératrice. La froide conscience ne possède qu’un œil, se multipliant dans une oppressante omniprésence, se mouvant sous différentes formes. Or, son unique œil la limite à une seule perspective, une fermeture d’esprit, alors que l’artiste se sert des différentes perspectives de sa réalité pour les insuffler à travers son œuvre. V. a conscience que s’il poursuit sa carrière artistique, il sera soumis au jugement d’autrui, à la froideur de certains. Or, ces chaînes ne sont que d’illusions de cristal. Pour s’épanouir en tant qu’artiste dans le futur, il devra s’affranchir du regard d’autrui afin de s’exprimer librement.

 

L'Étranger

 

La composition des principales formes de cette image s’apparente à un veston et le cou d’un individu, que l’on peut discerner en regardant attentivement l’image. L’individu au centre, la cravate du veston, est entouré d’uniformes vides. Il est encadré par un plus gros uniforme, un moule enchaîné à des étiquettes de codes-barres. Les chiffres 0105 réfèrent au film HUMAN.0105. Le cou est en réalité un serpent, représentant l’autorité, elle-même enchaînée à l’étiquetage, à la discrimination. En résumé, à travers cette image, on voit l’individu emprisonné dans une société d’uniformisation de l’information, mais surtout de l’identité. L’artiste V. réalise que son idéal de dénoncer une réalité dans laquelle la pensée de tous et chacun est uniformisée n’est rien de plus qu’un rêve.

 

La Chute

 

Le destin de tout être mortel s’achemine inexorablement vers la mort. Dans cette œuvre, la Mort embrasse l’Humanité qui laisse désormais place à un nouveau règne. On y aperçoit aussi le un visage en gros plan d’un Humanoïde et la silhouette en plan américain d’une autre de ces entités, référence directe à HUMAN.0105. Le fond est presque noir, la couleur de la mort. La faux suit la courbe d’une horloge, le courant du temps, la flèche pointée vers minuit, la fin d’un jour, le début d’un autre. Si on pivotait l’image vers la gauche, on verrait plutôt l’être humain s’élancer vers son destin, vers son avenir. Il accueillerait la mort à pleins bras, s’élancerait dans un geste majestueux de grâce pour embrasser sa fin, mieux, vaincre son destin. D’un simple pivot, la perspective change : face au futur, il y aura toujours la fin. Mais nous pouvons toujours changer notre angle de vue, notre perspective et ainsi voir l’avenir d’une autre manière et ainsi l’accepter pleinement. Face à notre avenir, nous devons accepter la réalité, vivre le moment présent, sans être envahis par les craintes de demain, mais tout en gardant conscience de notre sort. À travers son art, V. exprime ses sentiments face au futur qui nous attend tous, tôt ou tard.

 

 

Humanité

 

À travers la société dépeinte par V., on constate que cette dernière a perdu son « Humanité ». Les taches de rouge de cette illustration semblent dessiner un ange déchu dont les ailes se prolongent depuis le cœur et la tête de l’humain. Nous sommes à la fois nos propres sauveurs et nos propres démons, emportés entre raison et émotions. Face aux tourments de l’avenir, nous tentons de raisonner, alors que nos émotions suscitent crainte, appréhension, etc. Perdus dans des questionnements absurdes, des doutes envahissants, nous en venons à vouloir refuser, ignorer notre fin. Le rêve de la société est d’atteindre le bonheur, aussi illusoire soit-il, quitte à parfois demeurer aveugle à la réalité. C’est à ce moment que la société du futur s’effondre, errant dans son labyrinthe de pains et de jeux, contrôlée par l’autorité. Elle ne peut plus raisonner par elle-même victime du fast food débilitant de la pensée, elle est ainsi uniformisée, contrôlée, dénudée d’émotions vives, de rébellion ou de convictions. Elle a sacrifié son Humanité pour accéder à ce qu’elle croit être le « bonheur ». Et lorsque l’individu s’éteint par la volonté de l’autorité, son corps est détruit, envolé dans le temps, s’effaçant, le regard empli à la fois de regrets et d’illumination. C’est la Chute de l’Humanité.

Cette image fait par ailleurs référence à la première œuvre de la galerie ; V. a abandonné sa vision optimiste de l’univers et a choisi d’affronter la réalité d’un destin inévitable. À la fin de sa vie, il reprend conscience de son cœur d’enfant et se met à créer, à écrire, à dessiner. Comme avant.
La galerie de V. constitue la résonance de son cœur, de sa vie et de son futur. La résonance de son âme.

 

Analyse – Carnets

Les carnets de V. sont à l’image du futur de notre société. Ils viennent dénoncer des réalités de demain, dont nous sommes aujourd’hui déjà témoins des balbutiements.

 

fast_food_v2.png

 

Ce design se base sur la répétition présente à travers les fast foods pour exprimer son message. Notons l’emphase portée sur les mots « nourriture », « infos » et « pensée », issus de cette répétition. L’idée du fast food était à l’origine  axée sur le service d’une nourriture (de qualité parfois discutable) servie instantanément. Or, dans la société du futur, ce phénomène s’est étendu aux médias de l’information, à travers desquels se propagent les fast foods de la pensée. Dans cette société futuriste, les individus ne peuvent plus réfléchir par eux-mêmes sans que la pensée directrice ne leur soit servie sur un plateau d’argent serti de diamants. À force de toujours vouloir dépasser le futur, de tuer le temps plus vite que l’éclair et d’automatiser les tâches, les individus de cette société qui désiraient tout, tout de suite, sans lever le petit doigt. Ils sont devenus dépendants d’une autorité pour guider leur pensée.

 

moule1_v2.pngpoids_etiquettes_v2.png

 

Ces deux images font référence au concept des étiquettes, système de discrimination dans la société du futur. L’autorité, voulant absolument contrôler l’identité de tous et chacun, a créé des moules et des étiquettes, outils discriminatoires. Or, ces étiquettes ne s’appliquaient pas uniquement à l’apparence des individus, mais aussi à leurs idées, leurs opinions, etc. Les étiquettes n’étaient pas en soi une torture physique, mais un martyr psychologique. À force d’être mis à l’écart de la société, l’individu rejeté sentait qu’il n’y avait plus sa place, ce qui l’amenait inexorablement à mettre fin à ses jours. Il s’agissait là d’une manipulation de l’autorité mise en place pour éviter toute forme de rébellion ou autre « anomalie » mettant en péril sa stabilité.

 

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Cette image est dans la même continuité que celles concernant les étiquettes. En étant placé dans des moules, les individus uniformisés ne sont devenus rien de plus que des uniformes. Or, un uniforme n’est pas un tatouage imprimé sur notre peau, mais un vêtement amovible. Les individus portaient alors des masques en permanence, même si ceux-ci ne correspondaient pas à ce qu’ils jugeaient être réellement. C’est ainsi que s’est rompue la liberté d’être dans cette société du futur.

 

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« Elle jouait à Dieu comme si elle jouait aux dés. » À travers cette phrase, on peut se demander la réelle signification du « elle » qui peut prendre ici plusieurs identités : la mort, la société, la destinée, etc. Or, la plus probable est celle de l’autorité. En effet, en obtenant un contrôle de vie ou de mort sur les individus de manière implicite, elle pouvait jouer avec son système à la manière d’un roi, voire d’un dieu, selon ses envies. Elle est tout en haut de la pyramide, à la fois hautaine et inaccessible. Les dés de ce design sont tous truqués et répétés en permanence, à la manière de l’illusion d’optique dans laquelle des points apparaissent à notre insu.

 

etre_suivre.png

 

« Je pense, donc je suis » est une célèbre citation. Or, elle prend un tout autre sens dans cette illustration. On y aperçoit ce qui semble être des jambes stylisées, accompagnées de visages, tous répétés. Les visages du haut, s’apparentant à des crayons (notez la pointe noire, ressemblant à une mine), ont les yeux et la bouche bandés. Ils sont incapables de penser, de voir ou de s’exprimer par eux-mêmes. Les visages du bas, dont les cols ressemblent étrangement à des plumes à encre, sont tous identiques, répétés. Ils se suivent, et c’est justement là que ce dévoile le message de cette illustration. Avec tous ces éléments répétés un à la suite de l’autre, comme s’ils se suivaient, les mots « je suis » n’évoquent plus le verbe « être », mais le verbe « suivre ». Dans la société du futur, la notion d’être n’existe plus telle qu’on la connaît : elle aura davantage le sens de « suivre » le banc de poissons, le troupeau.

 

chute_societe.png

 

La chute de la société est sobrement représentée dans ce design. Les mots à la verticale semblent tomber, jusqu’à ce que les lettres formant la société s’effondrent dans une montagne s’envolant en fumée. Des yeux se dessinent dans l’ombre, au-dessus de la société : il s’agit de l’autorité, « l’Invisible Main », le gouvernement de la société du futur, impartial et dédaigneux face à la chute de la société. Or, ces yeux peuvent aussi être ceux de la Mort, regardant tranquillement l’effondrement fatal.

 

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L’identité de l’autorité tirant les ficelles de cette société future est dévoilée : son nom est « I.M. », « I Am » (« je suis »). Elle est entourée de ses autres surnoms. Les cercles symbolisent la centralisation des pouvoirs de cette entité, tandis que les yeux représentent son regard omniprésent sur l’individu, à la manière d’un dieu contrôleur.

Les carnets forment la résonance des failles de la société de l’avenir. La résonance de l’esprit, de la nature humaine.

 

Analyse – HUMAN.0105

HUMAN.0105 démontre l’une de nos plus grandes erreurs concernant notre impuissance face au futur et notre désir de le plier à notre volonté. Si les carnets et leurs illustrations affiliées dénoncent les problèmes de notre société, V. nous montre à travers HUMAN.0105 comment changer notre avenir pour le mieux (en nous montrant justement ce qu’il ne faut pas faire.)

 

HUMAN.0105 – Galerie

On peut retrouver sur la page de HUMAN.0105 une galerie d’images retraçant l’histoire des Humanoïdes, telle qu’imaginée par V. 

 

La nature humaine

 

Nous pouvons cerner dans « La nature humaine » l’Humanité agonisante souillée par la pollution. On distingue en arrière-plan des villes en ruines et des arbres décimés noyés dans le pétrole. Face à ce spectacle, Mère Nature, en bleu, contemple l’Humanité tombant aux enfers alors que la Terre, symbolisant la Nature, s’élève supportée par sa main gauche. Nous sommes longtemps demeurés aveugles face à l’épée de Damoclès planant sur nous, bercés par l’illusion que jamais elle ne nous atteindra. Nous avons longtemps refusé cette réalité menaçant de manière si abstraite notre survie. Et pourtant, là se terre l’une de nos plus grandes erreurs. Les problématiques environnementales sont en réalité un ensemble de conséquences découlant d’une même cause: l’insouciance de la nature humaine. À travers notre société de consommation, nous poursuivons une quête de richesses et d’accumulation matérielle, tout en posant quelquefois de timides gestes altruistes à l’égard de notre environnement qui nous donnent bonne conscience et nous apportent le sentiment faussement réconfortant d’être « du bon côté ». Mais est-ce réellement le cas? Si nous continuons à perpétuer une société de consommation axée sur la possession et l’enrichissement, non seulement nous ravagerons notre planète, mais nous nous autodétruirons. Nous devons, d’ores et déjà, tous et chacun assumer nos responsabilités. Il faut passer de « avoir » à « être ». Si nous voulons changer cette situation, il faut remanier en profondeur notre mentalité de consommation éhontée.

 

Fin d'un règne

 

« Fin d’un règne » illustre la dernière chute de l’Humanité. Au-delà d’une cause environnementale, celle-ci s’est éteinte en demeurant aveugle à la réalité, au futur funeste se dressant devant elle. La statue, représentant l’Humanité, a les yeux dissimulés et lève un bras tombé, incomplet, mais tente, en vain, de garder son autorité. Elle se voit entourée de lumière, baignée dans l’illusion d’une invincibilité et d’une immortalité. Comme la statue, nous voyons le futur, mais nous refusons de le regarder, de l’affronter; tant et aussi longtemps que notre confort, notre bonheur, notre lumière, notre gloire ne cesseront pas de briller, nous croirons être en sécurité. Nous refuserons un changement de situation, de peur d’une atteinte à notre survie. Nous refusons souvent d’admettre notre statut de mortel. Et pourtant, nous nous engloutissons progressivement dans un mensonge. Un jour, il sera trop tard, le temps nous rattrapera.

 

Prototype

 

« Prototype » fait une référence directe à l’intelligence artificielle, aux robots se rapprochant petit à petit de l’humain. L’individu représenté serait-il en réalité un prototype des futurs Humanoïdes? En cherchant à concevoir une intelligence artificielle à la hauteur de nos attentes, nous caressons le rêve d’une avancée technologique sans précédent mais nous créons peut-être par la même occasion une possible menace pour notre humanité. Certains penseront aux robots gagnant un contrôle sur les humains ou encore la possible dépendance à l’intelligence artificielle et à l’automatisation de la tâche. Il y a en revanche une autre avenue à ne pas négliger : celle de la fraternité, des contacts humains. En bâtissant une société dominée par des robots imitant les émotions humaines à la quasi perfection, comment distinguerons-nous l’humain biologique de l’humain artificiel dans la vie de tous les jours? Comment dépeindre les véritables émotions, la véritable notion d’être, si l’intelligence artificielle se mêle à l’humain et ne suit qu’un algorithme, une programmation prédéterminée sujette à d’éventuelles erreurs? Si l’humain fusionne avec la machine, sera-t-il encore considéré comme humain; jusqu’à quel point le biologique peut-il se mêler à l’artificiel? Sur cette illustration, le prototype est-il réellement artificiel, ou s’agirait-il d’un simple humain amélioré?

 

Conception

 

On assiste à la conception d’une étrange entité, baignée dans une étrange lueur bleue. Sur l’illustration suivante, on constate qu’elle est en réalité dorée, comme la statue dans l’illustration « Fin d’un règne »; elle est à l’image de l’Humanité déchue. Les différentes structures semblent former une tête ovale. S’agirait-il d’un Humanoïde prenant vie?

 

Création

 

À partir des perspectives d’avenir et de sa vision du futur, un individu se dévoile, cherche à se distinguer à travers ce défilé de lumière. Il conçoit son futur à l’image de ses idéologies, de sa vision, de son expérience avec l’univers. C’est la naissance aboutie d’un Humanoïde…

 

Nouveau règne

 

Un nouveau règne naît alors : celui des Humanoïdes. Chacun des trois représente une idéologie face au futur.

Pour ce qui est de l’image titre du projet (servant aussi de miniature pour le court métrage), on y aperçoit une partie d’une illustration plus complexe. L’Humanoïde bleu, attaché au passé, est près de la civilisation précédente. Les regards sont omniprésents dans cette société aux autorités calculatrices et manipulatrices. L’Humanoïde rouge, rebelle, se dégage de cette réalité, tente de regarder vers le futur, vers un nouvel espoir, mais ne voit qu’une mer de néant. Deux mains émergent, une humaine, l’autre humanoïde, se rejoignent, se créent mutuellement, à la manière de l’œuf et de la poule; malgré leurs apparences différentes, elles ont hérité de traits fondamentaux fort similaires. La composition de cette image suit le cycle d’un univers qui se crée avant de se détruire; à travers cette naissance et cette mort, un visage de profil se dessine pour chacune de ces métamorphoses.

L’ensemble de cette galerie met en relation la réalité de la société de V. et l’univers du court métrage. La résonance de la fusion entre réalité et idéal.

HUMAN.0105 – Le milieu

La tour est un espace fermé à l’architecture extérieure futuriste; on y note la présence de courbes aérodynamiques et de formes modernes stylisées. L’intérieur de la Tour est parsemé de voiles suspendus comme des épées de Damoclès, rappelant le fait que le futur nous est voilé et plane constamment au-dessus de nos têtes. À l’intérieur de la Tour, les cheveux et voiles des personnages sont constamment en mouvement, comme s’ils étaient emportés par le vent. Cela permet de souligner le fait que le temps en soi est constamment en mouvement, perdu dans une éternelle évolution. Lorsque le mouvement s’arrête, les personnages sont, d’une certaine manière, figés dans le temps. Le plancher est fait de verre cristallisé presque transparent, donnant une impression de miroir. Cela contribue à rendre l’atmosphère sobre, mais aussi éthérée, comme une beauté translucide à l’épreuve du temps. Le contraste entre le décor sombre de la Tour et la blancheur des voiles renforce l’ambiance sobre et minimaliste. L’espace semble vaste et profond (illusion de profondeur soulignée par les voiles suspendus), mais aussi fermé, compte tenu de la nature du lieu. La Tour se dresse au sein d’un vaste paysage enneigé, désert, ce qui met en emphase la solitude et l’isolation émanant de ce lieu. On y retrouve en effet les derniers héritages de l’Humanité; ils sont seuls, isolés, renfermés en cette Tour au milieu de l’inconnu.

La deuxième partie du film prend place dans un vaste espace à ciel ouvert, synonyme de liberté, ce qui vient en opposition avec le milieu de la Tour. Malgré cette impression de grandeur, le contraste noir et blanc de la Tour existe encore entre le ciel sombre et la fureur de la neige déferlant sur les vastes plaines blanches. L’atmosphère sobre et isolée subsiste malgré tout. Si la Tour fait référence au passé, la plaine de neige est plutôt apparentée au futur. Elle semble infinie et riche de possibilités, tout en ayant cette omniprésente impression d’inconnu, puisqu’on ne sait pas ce qu’il y a de l’autre côté de la plaine. Le futur nous apparaît toujours obscur, parfois insaisissable. La falaise permet de nous rappeler la fragilité de l’équilibre d’un avenir harmonieux et les risques que nous devons prendre pour affronter l’avenir.

Ce sont dans ces milieux monochromes que les protagonistes prendront vie et ajouteront leur couleur à l’univers.

 

Les Humanoïdes

L’Humanoïde rouge représente l’aspect rebelle, artistique, fougueux, anticonformiste. Il désire écrire lui-même son futur et ce, même si cela l’amène à abandonner l’héritage de son passé en dérogeant aux règles préétablies il y a des milliers d’années par ses ancêtres humains. Son regard est perçant, mais ses paroles se perdent dans ses convictions le tourmentant.

L’Humanoïde turquoise, quant à lui, fait référence à l’analyse, la raison, le raisonnement cartésien, la science, le conformisme. Le respect des ordres humains et la perpétuation de la tradition sont des valeurs lui tenant à cœur : en protégeant son passé, il refuse d’ouvrir les yeux vers l’avenir et le progrès.

Androïdes artificiels, leurs corps semblent être faits de métaux translucides, dont l’aspect est autant sophistiqué que fragile, à la manière de cristaux détruits par une âme rongée de remords. Leur puissance physique et leur maîtrise de la technologie sont indéniables. Les Humanoïdes, comme leur nom et le titre du film peuvent l’indiquer, sont fortement inspirés des caractéristiques de l’humain. Ils peuvent raisonner de façon autonome, discerner le bien du mal, mais plus que tout : ils ont une âme, des émotions.

Ces émotions sont à la fois leur force et leur faiblesse face à l’avenir. Leur détermination issue de leurs convictions les amène à agir rapidement afin de bâtir un futur à l’image de leur idéal. Or, emportés par les émotions, déchirés par des opinions divergentes, ils rompent les liens qui les unissaient. Leurs débats sont sans merci et se perdent dans une confusion : les mots partent dans tous les sens, dénudés de raison. Par ailleurs, l’essentiel de ces dialogues ne consiste pas à décoder chacun des mots écrits, mais surtout de comprendre l’idée générale, l’essence des propos énoncés, traduite notamment par la police des caractères. Les deux Humanoïdes en viennent finalement par se battre à feu et à sang. Jusqu’à ce que la mort les sépare. Pour une simple divergence d’opinions!

En revanche, les deux opposants désiraient-ils réellement en arriver là? Au fond d’eux, ils ne voulaient pas s’entretuer. Face à des idées opposantes aux nôtres, nous finissons parfois par réduire nos proches à de simples opinions contre lesquelles nous devons lutter. Nous finissons par nous perdre nous-mêmes.

Trop souvent à travers notre Histoire, déchirés entre progressisme ou conservatisme, nous avons tergiversé pour prendre des décisions pour construire notre avenir. Mais la réalité est qu’il y a toujours une manière d’atteindre l’harmonie, le juste milieu, l’ouverture d’esprit. Au lieu d’opposer nos opinions, pourrions-nous nous écouter, puis nous servir du meilleur de chacune d’entre elles afin de trouver un compromis? Et si, au lieu de se considérer comme ennemis, on se considérait comme alliés, frères et sœurs? Pourrions-nous bâtir un futur ensemble, main dans la main, ou cela relèverait-il uniquement de l’utopie?

C’est là qu’entre en scène le dernier Humanoïde, celui à la couleur dorée. À la manière d’un Créateur, il avertit les autres protagonistes du danger qui les guette et observe l’avenir se dessiner progressivement selon leurs choix. Son rôle est le plus obscur de tous : il peut être considéré à la fois comme un symbole de l’Humanité déchue ou l’incarnation du destin, de la mort elle-même. Tel l’avenir, il représente l’inconnu : plusieurs possibilités s’offrent selon notre interprétation. Lorsque le futur atteint un point de non-retour, l’Humanoïde doré choisit d’intervenir en absorbant l’énergie vitale des deux autres Humanoïdes. Il se sert de ce flux d’idées et d’émotions pour déployer ses ailes vers la liberté. On pourrait alors considérer cet Humanoïde comme la fusion des deux autres. Il représente donc l’harmonie d’un futur à travers lequel coexisteraient ce qu’on appelle « les trois yeux », la symbiose entre trois visions du monde.

 

Les trois yeux

Comme on a pu le constater, chacun des protagonistes est lié à une facette importante pour construire un meilleur avenir. Analysons le tout de plus près.

Le futur et la création – L’œil rebelle pour imaginer le futur

Telle une intelligence artificielle, esclave du « deep learning », nous créons le futur en nous basant sur les exemples du passé. L’artiste doit puiser dans son expérience en vue de façonner sa future création. Le futur en art est frontière entre idée et produit. Le mathématicien, outillé d’un arsenal de schémas, tente de prédire l’avenir de la manière la plus précise qui soit. Mais la vision subjective de l’être humain reviendra toujours hanter sa perspective; le futur n’est ni bon, ni mauvais d’un point de vue externe. Il l’est seulement pour l’individu qui le regarde à travers le filtre subjectif de ses expériences passées depuis son présent en devenir.

Le présent est éphémère, en l’espace d’une seconde, envolé il laisse place au futur. Indissociable du passé, ce dernier est beaucoup plus près de nous qu’il n’y paraît. Le présent est, à vrai dire, la frontière très mince entre ces deux contrastes; il vient y apporter l’équilibre.

Le futur qualifie l’ensemble de possibilités que le présent peut prendre; l’esprit conventionnel choisira parmi celles-ci. Le joueur, le rebelle en créera de nouvelles.

À vrai dire, le futur peut être apparenté à un jeu de cartes. Rien ne nous dit ce qui se cache derrière la face cachée de la prochaine carte. Il faut parfois risquer pour viser un futur plus rayonnant. Le présent est la phase dans laquelle on parie, le futur est la phase où on va obtenir le résultat qui devient présent lorsqu’il se dévoile.

Le futur peut aussi s’apparenter aux lignes de la main; encore une fois, la loi du conventionnel et du joueur revient. Le conventionnel suivra le chemin que lui dicte sa main. Le rebelle créera de nouveaux horizons. Le rebelle crée un nouvel avenir. L’artiste crée sa propre vision du monde. En un sens, le rebelle est artiste, l’artiste est rebelle. Le futur est un témoignage de cette corrélation. Pour changer le futur, il faut avoir cet esprit rebelle, cet œil à la fois fou, fougueux et artistique. Fou, car rêveur, s’écartant des opinions de masse, voir là aux endroits dans lesquels personne ne s’est penché, se frayant son propre chemin tel un loup des steppes. Fougueux, afin d’avoir la détermination, l’ardeur et la passion de mieux comprendre le monde qui l’entoure afin d’en déceler les failles. Artistique, il se veut créatif. L’art de l’artiste peut parfois être, d’une certaine manière, ce témoignage de rébellion face au futur prédéterminé et cet amour pour la construction d’un nouvel avenir.

L’œil cartésien pour voir vers le futur

Le futur rime souvent avec une certaine peur de l’inconnu. L’humain détient cette capacité d’imaginer un ensemble de possibilités, parfois avantageuses, souvent désavantageuses selon sa perspective subjective. L’inconnu est source de fantasmes, animant les rêves les plus fous, les récits de science-fiction, les idéaux de beauté de demain. À force de s’imaginer ce à quoi ressemblera le futur, nous finissons parfois par nous écarter de la réalité. Réalité depuis laquelle risque de découler un fort sentiment de déception si elle n’atteint pas ces fantasmes. L’œil qui regarde le futur doit garder les deux pieds sur terre; c’est l’œil cartésien. Prédire, c’est projeter dans l’avenir ce qu’on a vu par le passé.

La réalité, tout comme le temps, invention de l’être humain, avance à son échelle. La frontière entre le futur et le passé se dessine dans un présent éphémère ne durant que l’espace d’un instant. En fait, ce que l’être humain entend souvent par « futur », c’est la réalité qui prendra place (un futur) dans quelques années, décennies, siècles, voire millénaires (même si on doute qu’il sera toujours vivant à ce moment). Cette définition de « futur » amène l’individu à développer ses fantasmes face à son avenir. Or, à force de monter la barre de nos attentes trop haute, ne finirons-nous pas par atteindre la déception? Tel est le problème de l’utopiste. Il faut garder espoir, mais rester ancré dans la réalité. À l’inverse, le dystopique voit le pire scénario, appréhende avec crainte et confiance le futur. Néanmoins, le dystopique en vient à donner un côté presque tragique, épique, romantique à son avenir. Mais le futur, ce n’est pas cela. Le futur est bien plus que les conséquences environnementales de 2050 ou les avancées technologiques de l’intelligence artificielle. Le futur est juste devant nous.

Le futur non fictif est simplement la répétition du même schéma de l’être humain, révélant de plus en plus la nature de cette race. L’être humain n’a pas beaucoup changé en soi depuis des siècles ; c’est sa connaissance et sa vision du monde qui ont évolué de façon exponentielle. Dans le futur, les connaissances prendront de l’expansion, la vision du monde s’adaptera en fonction de celles-ci. L’être humain demeurera malgré tout le même; un être à la fois bon et mauvais, égocentrique et altruiste, créateur et analytique, optimiste et pessimiste. La meilleure façon de regarder vers le futur est de regarder vers le passé, sans perdre de vue le présent.

L’œil créateur pour créer le futur

L’œil créateur se sert à la fois de l’œil rebelle et de l’œil analytique en vue de créer son œuvre. Œuvre servant de vecteur à l’œil créateur, messager permettant de faire partager son opinion à un plus large public. L’Humanoïde doré est l’incarnation de cet œil.

Le créateur se doit d’être à la fois rebelle et analytique. Il doit comprendre les erreurs et acquis de son passé et réinvestir son savoir en vue de se rebeller face aux idées préconçues de l’avenir afin de façonner son propre futur. La corrélation «Pour créer, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut créer» prend également place dans le contexte du futur. Si on veut créer le futur, il faut le comprendre (et pour comprendre le futur, il faut connaître, analyser et réinvestir depuis le passé). Si on veut comprendre le futur, on doit avancer à travers notre vie (et gagner en expérience); nous devons créer les propres lignes qui façonneront notre identité, à la manière des lignes de notre main.

Par ailleurs, le futur d’un monde n’appartient pas à une entité. L’avenir n’est réservé ni aux héritiers, ni aux rebelles. Le futur est déjà là, devant nous. Le futur nous appartient. C’est notre responsabilité, à chacun des membres de toute société. 

Le futur n’est jamais loin : il est déjà là, sous nos yeux. Pour créer un meilleur avenir, nous devons retrouver la clef que nous avons perdue. Cette symbiose entre l’esprit cartésien et l’esprit rebelle : un esprit créateur, innovateur, à la rencontre du passé, du présent et du futur. HUMAN.0105 incarne sa résonance.

 

La Résonance

Le titre de l’ensemble du projet est « La Résonance ». À travers ses facettes se dessine l’écho de plusieurs résonances. Celle du cœur et de l’esprit de l’artiste, de notre société ainsi que de la symbiose entre citoyens du monde pour bâtir un meilleur avenir. Le futur en soi est une résonance, un écho se projetant depuis notre passé et notre présent. La frontière entre les temps s’efface à travers cette résonance révélant la sensibilité d’une nature humaine immuable. Peu importe l’espace et le temps, tous les humains sont frères et sœurs. Cessons de débattre sur nos divergences, orientons-nous vers nos convergences. Ne demeurons pas aveugles face à la réalité d’aujourd’hui et de demain. À nous d’écrire ensemble un futur dont nous serons fiers, de composer une mélodie dont la résonance se perpétuera à travers les générations. Comme l’a dit Abraham Lincoln, «le meilleur moyen de prédire le futur est de le créer.»

 

Processus de création

 

Ce projet est le fruit de plus de 150 heures de travail, dont 100 heures investies pour la réalisation du court-métrage HUMAN.0105

Le futur est sujet à bien des interprétations dans les médias; dystopie élitiste, autorités anarchistes, chaos environnemental, défilé de robots et d’intelligence artificielle, exploration vers l’infini et au-delà… Ses dimensions éthique et sociologique sont par contre généralement moins traitées dans la culture populaire. Je jugeais qu’il était important de les souligner davantage; l’art n’est pas seulement un outil pour s’évader et donner libre cours à son imagination. L’art est un important vecteur de messages et le combiner aux réflexions du futur qui nous amènent à porter un regard sensé sur notre société me semblait être une idée intéressante à développer.

J’ai alors entrepris des lectures sur divers sujets liés à l’avenir, que ce soit au niveau environnemental, scientifique, des sciences humaines, etc. J’ai cependant réalisé à travers ces épopées de pages que le futur est souvent à l’image de notre vision du présent, que nous projetons dans l’avenir. Nous ne faisons que nous servir des variables présentes en notre possession à l’heure actuelle pour extrapoler, mais qu’est-ce qu’il nous dit que le futur sera à la hauteur de nos attentes? À force de trop vouloir espérer à travers utopies, n’allons-nous pas nous décevoir à long terme? En continuant de rédiger des dystopies, ne finirons-nous pas par devenir pessimistes? Nous pouvons tenter de nous imaginer bien des avancées ou des retombées, or, le temps, aussi imprévisible soit-il, nous révèle toujours une même idée. Peu importe les époques, l’humain demeure toujours le même. Son environnement évolue, mais ne fait que démontrer d’autres facettes de sa nature humaine.

À travers mon projet, au-delà d’une vision d’un futur proche, je désirais démontrer ce concept. Le futur n’est jamais loin de nous, il est déjà là, sous nos yeux. Les problèmes de demain émergent déjà aujourd’hui; je voulais dénoncer des problématiques à la fois de l’avenir et du présent, que ce soit l’intelligence artificielle à double tranchant, le contrôle de la vie (privée ou non) des individus, les tendances de masse (suivre le troupeau), la discrimination, etc. Je voulais aussi exprimer le fait que, même si ce sont les autorités qui semblent avoir le plus d’impact sur notre futur, la société et sa population ont, elles aussi, la responsabilité d’écrire un futur dont elles seront fières. Se rebeller n’implique pas toujours de se montrer violent; il suffit simplement de mettre sur papier ses idées, même si elles vont à contre-courant des masses, et transmettre celles-ci pacifiquement.

Une fois cette recherche et le traitement du sujet effectué, j’étais prêt à planifier le projet. J’ai commencé par réaliser le court-métrage HUMAN.0105, étant donné qu’il s’agissait d’une des parties les plus longues à réaliser, compte tenu de la charge de travail plutôt colossale à réaliser derrière une animation dessinée à la main. J’ai commencé par faire des tests de designs de personnages afin de les rendre à la fois futuristes, épurés, vulnérables et légèrement poétiques. J’ai aussi expérimenté avec certaines brosses du logiciel de dessin Krita avec différents traits effectués sur ma tablette Wacom Intuos Pro afin d’obtenir un effet plus attrayant et adapté pour une animation. Les designs devaient être simples, mais être suffisamment dynamiques pour mettre en valeur le dynamisme des scènes d’action. Je voulais par ailleurs insuffler les traits fondamentaux des personnages de manière plutôt subtile, en dissimulant par exemple certaines parties de leurs visages ou encore en accordant une importance au positionnement de leurs vêtements (protègent-ils l’arrière ou le devant du corps, selon la vison conformiste ou rebelle de l’humanoïde).

J’ai également développé des idées de concepts d’images pour les carnets et la galerie de V. À la base, il devait y avoir beaucoup plus de textes; je me suis cependant rendu compte que cela rendait le tout plus lourd (et ennuyant…), alors j’ai préféré les condenser puis les représenter sous forme de designs graphiques inspirés des techniques de design de l’information, ce qui rejoignait le thème futuriste.

Pour le court métrage, je suis passé à travers plusieurs étapes concernant sa planification. J’ai d’abord fait le portrait des personnages (fiches, croquis, traits de caractère…), puis j’ai fait de même avec les lieux. Par la suite, j’ai réalisé un canevas du film dans lequel j’ai écrit le scène à scène. J’ai aussi créé plusieurs versions d’un scénarimage dans lequel j’identifiais les scènes et les plans, la description de l’action, l’angle et les mouvements de caméra, etc. J’ai planifié un échéancier pour terminer à temps le court métrage et j’ai ensuite commencé à travailler sérieusement dans le cœur de la création de ce travail colossal.

Ainsi, j’ai dessiné les séquences d’animations sur le logiciel de dessin numérique Krita avec ma tablette Wacom Intuos Pro. Je les ai ensuite assemblées sur le logiciel Blender afin de transformer les fichiers d’images en fichiers vidéo.

Les séquences de dialogue sont surtout faites pour donner une impression des sentiments des Humanoïdes. C’est pour cette raison que j’ai apporté une attention particulière aux polices de caractère (réalisées à la main) et à la composition de l’ensemble. Beaucoup de ces séquences illustrent les Humanoïdes sous divers angles; la dernière de celles-ci fait allusion à un débat sans merci, un combat de mots à travers lequel le chaos du brouhaha nous emporte dans les tourments des deux protagonistes.

Le montage a été effectué sur le logiciel Adobe Premiere. Il me fallait cependant une musique; je voulais que celle-ci puisse bien s’harmoniser avec mon court métrage. En cherchant un peu sur Internet, je suis parvenu à trouver des musiques libres de droit (sous licence Creative Commons) illustrant bien l’atmosphère de mon histoire.

La musique consiste en un montage audio de deux musiques créées par Silencyde.

 

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L’artiste mentionne sur une de ses récentes vidéos YouTube (datant du 23 janvier 2019) que toutes ses compositions originales sont sous la licence Creative Commons. Ainsi, on est libre d’utiliser ses travaux, mais il faut mentionner l’auteur et créditer son travail (ce que je fais présentement).

De plus, il est possible de télécharger ses anciennes créations via un lien qu’il donne sur son profil Soundcloud.

 

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Les deux musiques utilisées sont donc:

Shroud – Par Silencyde, licence Creative Commons. Adresse URL: https://youtu.be/s0aMXjMt6kc

Dead Man’s Opera – Par Silencyde, licence Creative Commons. Adresse URL : https://youtu.be/P2BI-KR2L6o

Le titre HUMAN.0105 a été décidé vers la fin de la réalisation du film. Il vient du mot « humanoids » qui signifie en anglais « humanoïde ». En l’écrivant en majuscule et en remplaçant les dernières lettres par des chiffres dont la forme était similaire à celles-ci, on obtenait le titre final. J’ai ajouté un point entre HUMAN et 0105 afin de souligner le fait que les Humanoïdes représentent des sortes d’humains évolués.

En ce qui a trait aux illustrations générales du site de V., la plupart d’entre elles ont été réalisées sur le logiciel Krita. J’ai fait de la modélisation 3D sur Blender pour certaines images, notamment les arrière-plans du site Internet. Celui de la page d’accueil représente des bâtiments bleutés en décombres, représentant la chute de la société. Ces arrière-plans ont été sculptés sur Blender 2.8, ce qui a accéléré le temps de rendu.

J’ai réalisé la mise en page de site Internet sur la plateforme WIX. À la base, je comptais réaliser le site de A à Z, puisque j’avais des connaissances dans la programmation de sites (Javascript, notamment), mais en raison du processus du placement d’un site dans un domaine et de la démarche pour sécuriser celui-ci, j’ai préféré opter pour une option gratuite qui me permettrait en même temps de réaliser un design attrayant. L’ensemble des décisions du design du site ont été choisies par moi-même, que ce soit la police de caractère (Futura Light) ou la disposition du texte et des images. Je voulais obtenir un design épuré, alors j’ai opté pour un contraste entre blanc et noir qui ferait d’ailleurs ressortir les images et designs des carnets et de la galerie de V., dont la couleur dominante est généralement le rouge.

J’ai trouvé ce projet très passionnant et stimulant, étant donné que réaliser un court métrage et un site web est une tâche assez complexe et offrant beaucoup de défis. C’était donc très motivant de travailler sur cet exercice et de constater que le résultat final est très satisfaisant. Ce projet m’a permis d’approfondir mes connaissances dans l’art en général, que ce soit en cinéma, en animation, en modélisation 3D ou en design de l’information. J’ai pu développer mon audace en m’adaptant aux différents défis rencontrés et en prenant des risques, comme animer une scène de combat ou concevoir un site web destiné au public, choses que je n’avais jamais faites auparavant. Sans compter que ce projet m’a offert l’occasion d’employer un style artistique beaucoup plus expérimental que celui utilisé dans mes précédents travaux. J’étais donc en-dehors de ma zone de confort, ce qui m’a permis d’une certaine manière de m’épanouir tout au long de cette aventure très enrichissante.

 

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Commentaires

4 commentaires pour “La Résonance”

  1. Félicitation, c’est très impressionnant. J’aime l’imagination derrière l’univers que tu as imaginé. J’ai moi aussi voulu créer un univers, mais cependant celui-ci est un peu plus sombre. Bref, bravo!

  2. Bonne chance dans le projet

  3. @Zéphyr Bielinski
    Merci beaucoup! 🙂

    @Antony Cervi
    Merci! Bonne chance à toi aussi! 🙂

  4. Il semblerait que la plateforme WIX rencontre parfois des bugs techniques.

    Si jamais le site Internet ne s’affichait pas correctement pour des raisons quelconques (bugs techniques sur la plateforme WIX, navigateur Internet, etc.) sur votre ordinateur, voici une version en images du site Internet (que j’avais gardée avant la remise de ma participation): https://archive.org/details/la_resonance
    Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

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