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Le Roi Dépouillé

Créé par

Publié le

2 janvier 2017

Modifié le

2 janvier 2017

Bande dessinéeNiveau intermédiaireCréation individuelle

«Mais n’est-ce pas déjà une injure que d’appeler les échecs un jeu?» – Stefan Zweig

 
Je croyais être tel le roi. Mais je n’étais rien de plus qu’un simple pion… Manipulé par son propre désir. Pour gagner, j’étais prêt à tout.  Quitte à y laisser ma vie.

 
Je n’ai vu que le regard sibyllin qui se dessinait sur son visage, dévoré par l’ombre. Il m’a tendu sa main, et m’a proposé un pacte. Un pacte avec le Diable.
Je n’avais pas le choix.
Le seul moyen de me délivrer de cette irrésistible tentation, c’était d’y céder.      
 
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Commentaires de Verocayden:          
 
L’une de mes sources d’inspiration a été une citation du Dalai Lama:  «Se considérer comme supérieur aux autres, c’est être soi-même son pire ennemi. Le mal, la peur et la souffrance qui règnent dans ce monde ont une même origine: l’attachement au «Moi». »                       
 
Beaucoup voudraient obtenir la gloire, le succès; le protagoniste de cette histoire ne fait pas exception à la règle.  Son regard est d’abord caché, dissimulé dans l’ombre. Suite à son pacte avec l’être mystérieux, il commence son ascension. C’est à ce moment qu’il  commence son ascension. C’est également suite à cet événement que le regard du héros nous est dévoilé, sorti de l’ombre. Or, sur le chemin de la popularité, le protagoniste finit par se couvrir d’orgueil, assoiffé de victoire. Une seule réussite ne lui suffit plus; il en désire plus, toujours plus.             
 
Comme vous l’aurez peut-être remarqué, j’ai utilisé des effets de lumière pour les pages 6 et 8. C’est en effet à ce moment que le jeune prodige commence son ascension; la lumière représente donc sa gloire qui ne cesse de croître. Ce n’est que lorsqu’elle est à son paroxysme que l’être mystérieux met le champion au défi. Défi que le héros aura sans doute pris à la légère. Depuis cette défaite, son monde est froid, terne, dérobé de toute lumière.  La page 10 possède plutôt des effets d’ombre. Le monde du prodige revient à un état initial; celui du joueur dans l’ombre. Bien des champions dans ce jeu réussissent à dominer les autres, mais cette ascension mènera, quelquefois, à un long déclin, puis à l’oubli.        
 
Il est  également intéressant de noter la faible tonalité de violet dans la lumière des pages 6 et 8, couleur qui représente la luxure. On pourrait aussi noter que cette lumière est plutôt discrète;  l’ascension du héros se fait non seulement dans la fierté, mais aussi dans l’orgueil.
         
 
Le jeune prodige croit ,tout au long de l’histoire ,qu’il est un roi, qu’il est supérieur aux autres. Cependant, ce n’est qu’à la toute fin qu’il finit par comprendre qu’il n’est rien de plus qu’un pion que l’on a manipulé. D’où la provenance des nombreux pions présents dans l’histoire.                
         
 
Une citation de Patrick Süskind a également été une source d’inspiration pour moi: «Quoiqu’il n’eût d’un génial joueur d’échecs, il possédait pourtant une qualité qui, pour ses adversaires, était éreintante, exaspérante et proprement odieuse: celle de ne point commettre d’erreur. » Lors de son pacte avec l’être mystérieux, le protagoniste ignore qu’en étant restreint à ne jamais faire une seule erreur, il s’enfonce dans un cercle vicieux. En effet, nous commettons tous des erreurs; nous sommes humains. En cherchant à trouver la perfection et la gloire, le héros ignore l’immense faute qu’il a commise. Le faux pas qu’a ensuite fait le protagoniste n’est pas, selon moi, uniquement sa défaite face à l’être mystérieux, mais aussi l’orgueil qui n’a cessé de grandir en lui.        
 
Pour moi, le protagoniste est tel un roi dépouillé; d’où le nom du titre. Certes, la définition de «dépouillé» correspond à «sans ornement». Cependant, dans le vocabulaire des échecs, cette expression prend tout un autre sens, sens qui correspond, elle aussi, selon moi, au protagoniste de cette histoire. Un roi, restant comme la seule et unique pièce de son camp…      
 
Il s’agit toutefois de ma propre vision de mon projet. Je pense que chacun d’entre nous, en tant que lecteur, peut avoir une interprétation différente d’une même histoire. Je vous invite à partager la vôtre dans les commentaires. 🙂

Processus de création

La première étape de la création de cette bande dessinée a été la réalisation du storyboard, fait à la main traditionnellement. J’ai ensuite scanné les planches, pour enfin finaliser le tout sur Medibang Paint Pro. Pour la couleur numérique, j’utilisais une tablette de bureau; le dessin s’affichait non pas sur la tablette, mais à l’ordinateur! Durant la création de la bande dessinée, j’ai dû m’adapter à un médium qui m’était nouveau.  C’est par ailleurs la première fois que je dessinais réellement dans un style plutôt réaliste. Je détaillerai peut-être ma technique de couleur dans un prochain tutoriel. : ) L’une des principales raisons pour lesquelles j’ai voulu employer un style monochrome, est notamment pour représenter le contraste des cases d’un échiquier. J’ai préféré ne pas donner une catégorie particulière à la bande dessinée (comme «shojo», «shonen», etc.), que ce soit sur le plan scénaristique ou graphique. Je termine le montage de la bande dessinée sur Microsoft PowerPoint et j’ajoute les textes. Tout comme dans le cas de la BD «Deux Mains», j’ai préféré garder un style plutôt simple. Le sens de lecture est également libre à vous! Tant et aussi longtemps que vous lisez de haut en bas, le scénario reste cohérent! 😀 Tous les dessins et textes (à l’exception, bien sûr, de la citation de Stefan Zweig) ont été entièrement réalisés par moi-même. Réaliser cette bande dessinée m’aura pris autour de 48 heures, que j’ai organisées en environ 4 jours.

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