Les liens qui nous tissent

Quand patrimoine textile et fabrication numérique se rencontrent. 

Les liens qui nous tissent, un projet du Cercle de Fermières Cœur-de-l’île-de-Montréal réalisé au Square de BAnQ, à la Grande Bibliothèque. 

Depuis plus de 100 ans, les Cercles de Fermières du Québec transmettent des savoirs et des savoir-faire, créent des liens et favorisent l’entraide. Au sein du Cercle de Fermières Cœur-de-l’Île-de-Montréal, un groupe de femmes a entrepris un projet ambitieux : concevoir un métier à tisser transportable grâce à des outils de fabrication numérique dans le but de faire découvrir le tissage à une nouvelle génération. Ainsi est né le projet Les liens qui nous tissent.

Un héritage vivant à transmettre  

Bien loin des stéréotypes associés aux Cercles de Fermières, l’organisation poursuit une mission de transmission des savoirs, de soutien aux femmes et aux familles ainsi que de valorisation des arts textiles. Le Cercle du Cœur-de-l’Île rassemble aujourd’hui des membres de tous âges qui partagent leurs connaissances dans un esprit d’apprentissage par les pairs. Le regain d’intérêt pour le fait main observé depuis la pandémie a d’ailleurs grandement contribué à attirer une nouvelle génération de passionnées.  

Quand le tissage rencontre la fabrication numérique  

Cherchant à joindre les jeunes et à rendre le tissage plus accessible, les membres ont rapidement été confrontées à quelques difficultés : les métiers à tisser traditionnels sont volumineux, coûteux et mal adaptés aux besoins des jeunes. De plus, il n’était pas possible de recevoir des groupes dans les locaux du Cercle. L’idée leur est alors venue de concevoir leur propre métier portatif, robuste et attrayant qui pourrait être utilisé dans les écoles, les bibliothèques et les organismes communautaires.  

Le projet a d’abord pris forme grâce aux réflexions d’une vingtaine de membres du Cercle suivies de plusieurs consultations qui ont permis de définir les caractéristiques idéales de l’outil à produire : simplicité d’utilisation, légèreté, solidité, efficacité, esthétisme et adaptabilité. À partir de cette vision collective, l’équipe de projet a entrepris un véritable processus de conception et de prototypage.  

La force de la collaboration  

Le développement du projet s’est appuyé sur la complémentarité des expertises de ses participantes. Certaines apportaient leur expérience en organisation de projets, d’autres leur connaissance approfondie du tissage ou encore de l’enseignement. À ces compétences s’est ajoutée une expertise en modélisation 3D d’une membre qui a permis de transformer les idées du groupe en modèles concrets.  

Au fil des rencontres, les prototypes se sont multipliés. Chaque version était testée, documentée et améliorée collectivement. Cette démarche rigoureuse a permis d’évaluer les forces et les limites de chaque version avant d’en arriver à un modèle performant pouvant être utilisé sur le terrain. 

Un projet développé en Fab Lab  

Après la phase de développement initial au Fab Lab échoFab, le projet a trouvé un nouvel élan au Square. Les Fermières y ont découvert un environnement propice à l’expérimentation, à l’apprentissage et à la collaboration. L’accès aux imprimantes 3D et à la découpe laser, jumelé à l’accompagnement de l’équipe du Square, a permis de poursuivre le développement des différents composants du métier à tisser. 

Au-delà des équipements, les participantes soulignent l’importance du soutien humain reçu tout au long du projet. Les échanges avec l’équipe du Square et avec les autres usagers ont contribué à enrichir la réflexion et à ouvrir de nouvelles possibilités techniques.  

Le projet a également bénéficié de l’apport précieux de François Auclair et de son entreprise, Atelier FA. Impliqué dès les premières étapes de sa conception, il a accompagné les participantes dans le développement du métier à tisser et contribué à la fabrication de certaines de ses composantes. Son expertise a également permis de former le noyau de participantes du projet ainsi que des membres de l’équipe du Square en modélisation et en impression 3D, favorisant ainsi le transfert de connaissances et l’autonomie du groupe. 

Les métiers à tisser sont utilisés pour offrir des ateliers aux jeunes dans différents milieux. Les activités sont adaptées aux besoins des partenaires afin de créer des expériences d’apprentissage significatives tant pour les jeunes que pour les adultes qui les accompagnent. À terme, les Fermières du Cercle de Cœur-de-l’Île-de-Montréal auront initié 150 jeunes et près d’une vingtaine d’intervenants à la pratique du tissage à l’aide de ces petits métiers. 

Le projet Les liens qui nous tissent représente beaucoup plus qu’un outil pédagogique. Cette démarche démontre qu’il est possible de marier patrimoine, innovation et engagement communautaire. Il contribue également à faire évoluer l’image des Cercles de Fermières en montrant qu’ils demeurent des lieux d’expérimentation, d’apprentissage et d’audace. 

Grâce à cette collaboration, les membres ont pu transformer une idée en un projet concret ayant le potentiel d’initier un grand nombre de jeunes à cet art ancestral. À travers ce métier à tisser conçu collectivement, elles poursuivent la mission qui anime les Cercles de Fermières depuis plus d’un siècle : transmettre des savoirs et des savoir-faire qui permettent de tisser des liens durables entre les générations.

Suivant
Suivant

Quand enseigner rime avec créer