Aux Jeux olympiques de Montréal, la flamme olympique a uni tradition, technologie et design. Allumée à Olympie, en Grèce, elle a été transmise jusqu’au Canada grâce à un procédé inédit pour l’époque : le signal de la flamme a été envoyé par satellite jusqu’à Ottawa, où un rayon laser a permis de rallumer la flamme. La torche elle-même, conçue par Michel Dallaire et Georges Huel, reflétait l’identité visuelle forte des Jeux de Montréal : une forme épurée en aluminium, une tige rouge portant l’emblème blanc des Jeux, et une tête noire pensée pour faire ressortir la couleur de la flamme une fois allumée. Cet objet devenait ainsi plus qu’un simple outil de relais : il incarnait l’alliance entre innovation, symbolisme et modernité montréalaise.
Michel Dallaire et Georges Huel : deux figures du design québécois
Le designer industriel Michel Dallaire et le designer graphique Georges Huel ont profondément marqué l’identité visuelle et matérielle du Québec moderne. Leurs réalisations montrent comment le design peut transformer les objets du quotidien, faciliter leur utilisation et construire une image forte pour une ville ou un événement.
Michel Dallaire : donner forme aux objets
Michel Dallaire est l’une des figures importantes du design industriel québécois. Sa démarche associe la fonctionnalité, l’ergonomie et la simplicité des formes afin de concevoir des objets utiles, durables et adaptés à leurs utilisateurs. Sa pratique couvre notamment les objets de consommation, le mobilier, le transport collectif et l’aménagement urbain.
Pour les Jeux olympiques de Montréal de 1976, il conçoit la torche olympique, dont la forme géométrique s’inspire de la quenouille, une plante autrefois utilisée comme torche artisanale. Il est également à l’origine du vélo en libre-service BIXI, du mobilier des salles de lecture de la Grande Bibliothèque et de plusieurs projets de mobilier urbain montréalais.
Georges Huel : construire une identité visuelle
Georges Huel est un pionnier du design graphique québécois. Formé en arts graphiques et possédant une solide connaissance de l’imprimerie et de la typographie, il développe des systèmes visuels clairs, cohérents et facilement reproductibles.
En 1972, son projet d’emblème pour les Jeux olympiques de Montréal est retenu par le comité organisateur. Huel se voit ensuite confier la direction du graphisme et du design des Jeux. Secondé notamment par Pierre-Yves Pelletier et une équipe de designers montréalais, il supervise un vaste programme d’identité visuelle comprenant les publications, les affiches, la signalétique et de nombreux outils de communication.
En 1981, Georges Huel conçoit également la célèbre rosace de la Ville de Montréal, un symbole toujours associé à l’identité de la métropole.
Deux approches complémentaires
Georges Huel a contribué à définir le langage graphique de Montréal, tandis que Michel Dallaire a donné forme à plusieurs de ses objets emblématiques. À travers le graphisme et le design industriel, leurs œuvres ont participé au rayonnement international de Montréal et à l’affirmation d’un design québécois moderne, accessible et tourné vers l’usage.